Comment je me suis mise à m’intéresser

à la politique locale

 

"Je ne sais pas comment j’ai pu remettre à aussi tard dans ma vie le fait de m’intéresser à la politique locale. J’ai de grandes convictions idéologiques, sociales, humanistes mais les instances politiques, les hommes politiques, le fonctionnement de ma démocratie, je n’y connais pas grand chose. Et pire quand on m’en parle, je n’y comprends rien (trop de lacunes accumulées)! J’ai donc tout naturellement sauté sur l’occasion quand les Antennes ont préparé leur numéro de Mars 2014 spécial Municipales. Il s’agissait d’interviewer tous les postulants aux municipales de Grenoble avec le point de vue de citoyens ordinaires comme moi. Quelle chouette occasion ! Je m’excuse auprès de tous ceux que mon « ignorance crasse » sur la question offense…Je suis entrée dans cette arène des municipales (presque) sans avis préconçus, juste extrêmement intéressée par ces hommes et ces femmes qui souhaitent se dévouer à rendre ma vie plus agréable (et la vôtre* accessoirement).

Et afin de ne pas marcher sur les plates-bandes des journalistes qui ont analysé les programmes et les savoir-faire, je me suis amusée dans les quelques heures où je les ai vus à tenter d’appréhender leur savoir-être. Après tout, les grandes idées ne suffisent pas, il faut aussi des hommes et des femmes qui aient les capacités humaines de leurs ambitions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout a commencé avec Denis Bonzy, on a tous été bluffé. Il s’est intéressé à chacun des participants, y allant de son anecdote, il était franc, direct, voir concret une expérience agréable. On a l’impression qu’il est passé par une sorte de crise mystique de la quarantaine suivie d’un « road trip » à travers le monde (enfin plutôt les US dont beaucoup de façons de faire l’inspirent) et qu’il en est sorti un homme nouveau. Oui c’est vrai qu’on oublierait presque qu’il a été directeur de cabinet d’Alain Carignon ….alors crise mystique et grand changement ou intox ?

 

Ensuite, nous avons eu droit à Jérôme Safar, un des grands favoris... Il est le successeur de Michel Destot, il en porte le bilan. Bon ben y’a pas photo : être le successeur du maire ça stresse. M. Safar n’était pas très détendu. On sent que la démocratie participative, il y a peut-être cru un jour, mais aujourd’hui il ne faut pas venir le titiller trop sur la question. Le citoyen avec ses avis qui changent, ses indécisions et ses incohérences, sur certains projets, ça l’a mis sur les nerfs... surtout s'il s’agit du projet de l’esplanade - projet cité par tous les autres candidats comme une aberration à remettre en cause dès leur arrivée au pouvoir. Ben si ce n’est pas une bonne raison de voter pour quelqu’un d’autre ça ? Moi en tout cas, je préfère quelqu’un qui veut encore nous écouter!

 

Ensuite, j’ai bataillé en mon for intérieur puisque nous avions rendez-vous avec la seule femme candidate (à l’heure de rendre cet article, j’apprends que Lutte Ouvrière se présente avec une femme), pommade sur mon côté féministe et elle représente le FN, piqûre sur mes convictions… Comment se fait-il qu’un des partis les plus discriminatoires abrite tant de femmes haut placées?… Se pourrait il qu’au royaume des aveugles, les borgnes soient rois (j’suis féministe j’vous dis !) ? Mireille d’Ornano est assez sympathique et c’est important pour elle de ne pas voir le FN se faire diaboliser; ses idées pour la ville sont assez ouvertes et pour cause elle n’a pas de projet sociétal donc toutes les suggestions sont bonnes à envisager… sauf quand on parle des sujets cibles du FN, on est presque embêté d’entendre son avis sur la sécurité, les étrangers et l’anti mixité culturelle qu’elle prône. Vu que le terme « différence culturelle » peut aussi bien se prêter à la différence d’âge, de sexe, de religion ou d’origine géographique… doit on aussi séparer les jeunes des vieux, les femmes des hommes…?? Ben mince alors, il ne reste plus qu’à la vêtir d’une burqa et elle pourrait facilement s’exporter dans certains pays !

 

Le rendez-vous avec le challenger Eric Piolle était attendu. Grenoble est la grande ville de France que la Gauche ne dispute pas à la Droite mais aux écologistes (EELV – alliée au Parti de Gauche). Représentés par M.Piolle, les écologistes font bonne figure : on sent que c’est un homme tolérant, à l’écoute et qu’il ne vient pas du monde politique : il parle comme nous, dis ! Il connaît ses dossiers, il a réfléchi à un projet de société et compte le mettre en œuvre avec nous, habitants de Grenoble. C’est merveilleux, les chiffres fusent, il les connaît tous -les chômeurs, les actifs, le nombre de caméras de vidéo surveillance, les coûts associés à tout ça , les subventions-…Waouh. Mais alors, quelle surprise quand je me suis rendue compte que cet amour des chiffres s’appliquait aussi à son agenda 12, 19, 20, 21, 25, 9h, 10h, 16h, 17h, ça a fusé dans tous les sens pour réussir à le voir 2 fois (on a manqué de temps la première fois). En espérant que dans son monde des chiffres volants, ceux-ci finissent par s’accumuler à son avantage dans les urnes !

 

Ensuite, nous avons rencontré Mathieu Chamussy. Il s’est prêté avec bonhomie à l’exercice. Malgré tout, j’étais dubitative : Alain Carignon est sur sa liste et il a reçu Jean-François Copé fin février à Grenoble ; deux personnes dont le savoir-être ne sont pas des plus développés et qui ont tendance à prendre le reste de la population pour des idiots. En tout cas, M. Chamussy avait des choses à dire et il aime à répéter qu’il assume ce qu’il dit et ce qu’il fait et qui il fréquente!! ben c’est super tout ça mais ne devrait-il pas plutôt en parler à son psy ?

 

Je suis déçue parce que je n’ai pas été disponible pour l’entretien avec Philippe de Longevialle ; je ne peux en parler que par ouï dire, et y’en avait à dire car ça a duré 3 heures cet entretien. Sur Gremuni, http://gremuni.fr/, un site sympa sur les municipales, il y’a des entretiens bisounours où il faut dire du bien des autres candidats et M. de Longevialle fait pleins de petits clins d’œil humoristiques… Je ne peux pas parler de son programme ni trop de son savoir-être mais au minimum, ils ricaneront bien en conseil municipal s'il est élu…

 

A la veille de l’impression des Antennes, nous avons pu rencontrer in extremis l’outsider Lahcen Benmaza, 27ans, propre sur lui, large sourire, propos mesurés. Il donne l’impression qu’il rentre dans l’arène politique en criant « c’est quoi ce bordel ?» (Sauf que lui, contrairement à moi, il le dit poliment et avec mesure). Et on le rejoint sur la question : les discours politiciens vides de sens, les « fausses » consultations des citoyens, le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics à Grenoble, le cumul des mandats, les frais de bouche et autres notes de frais exorbitants de la mairie, il faut que cela cesse !

D’ailleurs, il prône une démocratie de type directe telle celle de la cité grecque d’Athènes, au cinquième siècle avant J.C. Il y a en lui, cette fougue inconséquente de la jeunesse associée à une sagesse millénaire. Pourvu que la pratique de la scène politique ne détruise pas trop vite ses idéaux, on a bien besoin de jeunes qui nous rappellent que certaines pratiques auxquelles on s’est habitué avec fatalité ne sont pas normales, qu’il y d’autres façons de faire et de voir le monde! M. Benmaza donne envie de s’engager en politique et ce n’est pas rien.

 

Malheureusement, ni Catherine Brun (LO) , Ni Maurice Colliat (POI) n’ont pu être rencontrés car ils se sont déclarés trop tard quant à l’impression du journal mais, soyez rassurés, assez tôt pour les municipales.

 

Maintenant il ne nous reste plus qu’à espérer que le meilleur gagne… alors surtout n’oubliez pas d’aller voter les 23 et 30 Mars 2014."

 

Virginie

 

* à moins d’être mafieux, proxénètes, dealers (et immigrés pour le FN)

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